Il n'y aura plus rien.
De nous, de toi, de moi.
De toi tout particulièrement.


Dis-moi qu'est-ce que tu crois ? Que je me suis posée comme une fleur à tes côtés pour toujours y rester ? Que je suis éternelle, constante ? Que tu es le seul à t'envoler, à partir & à revenir ? Mais tu vois, je sais disparaître moi aussi ; l'éternité me repousse tout comme elle te fascine : le toujours, c'est l'absolu, et tu sais que je lui préfère l'inconnu.
Si je partais demain, si j'oubliais de te dire où je vais, ce que je fais, si je devenais l'absence dans ta vie, te lèverais-tu à ton tour ? Te pencherais-tu sur le nouveau, le renouveau, l'oubli & le futur ? Me suivrais-tu dans une vie qui ne rime plus à rien ? Je voudrais me plonger dans le mal, le déchiffrer & le connaître ; me noyer dans la débauche, pour oublier le blanc ; me jeter dans l'impossible – mais pas sans toi. Donne-moi une chance, suis-moi. Les abysses & l'horreur ne sont que fausses chutes sans toi.




Je chancelle encore. Infiniment, je tangue sur mes pieds, je cherche un appui qui s'écrase sous moi. Je ne tiens pas, je ne trouve pas l'équilibre. A-t-on oublié de m'apprendre comment faire pour marcher droit, pour tenir sur le fil ? Comment fait-on pour vivre dans le juste milieu ? Pour l'accepter ? "Marcher sur la lune, plonger dans les étoiles, être l'une de celles qui mettent les voiles..."
Elle admire ceux qui parlent sans sentiments, parce qu'elle les croit infaillibles, parce qu'elle croit qu'ils ne meurent pas. Fille d'une histoire passée, elle refuse de croire en l'éphémère des émotions. Elle ne voit en lui que l'angoisse des hommes de se sentir vivre, mais sait qu'on ne meurt pas qu'une fois, mais chaque fois qu'un sentiment en nous s'éteint.
Alors ceux qui ne meurent qu'une fois, pour toujours, elle les sait définitifs & constants, elle les devine solides et pourtant infiniment, recherche leur sourire.
Il y a l'espoir & les déceptions, l'envie & l'ennui, la jalousie & l'orgueil, le savoir & la soumission, l'oubli & la douleur.

